Archive pour avril 2008

29
Avr
08

Du fond de mon armoire

Aujourd’hui, je continue sur ma lancée dans le passé. Et j’ai choisi de vous présenter des vêtements d’il y a longtemps. Très longtemps pour certains. Je leur ai trouvé un air actuel. J’aurais voulu votre avis sur ces antiquités. Si je peux les classer à la lettre V comme Vintage. Ou v comme vieilleries devenues importables.

Et à propos de vieilleries, je vous avoue que ça me fait parfois de la peine de visiter vos blogs de vidange de dressing ou autres ventes eBay. Je comprends parfaitement que par moment il faille renflouer les caisses. Mais vous les renflouez pour quoi? Sincèrement? Pour vous acheter d’autres fringues, plus nouvelles, plus tendances, plus fun, plus cool, plus incontournables, plus vues sur les autres blogs, bref, plus de l’année ?

C’est dommage. Vous balancez des jolies choses pour la plupart, et forcément vous le regretterez. Plus tard. Quand tout ça sera de nouveau indispensable, et de plus, introuvable.

Et puis ce faisant, vous vous délestez aussi d’un peu de vous mêmes. C’est doublement dommage. Même si ça permet à d’autres de poursuivre l’histoire. Autrement. En rachetant vos effets. Et le cycle est finalement plus long que prévu. Et ça, c’est vrai, c’est le côté positif.

Je ne reprendrai pas le débat initié récemment chez Domino. Trop de paramètres à prendre en compte. Impossibilité de généraliser. Nous n’avons pas toutes le même pouvoir d’achat (expression galvaudée si l’en est) et les mêmes problèmes à régler avec nous mêmes. Parce que la surconsommation de fringues, vous ne le savez que trop, est révélatrice d’autres problèmes. Internes. A chacun de les régler ou de tenter de le faire comme il l’entend. Consciemment ou pas.

Et si l’envie vous prend de refaire entièrement votre garde robe tous les trimestres, en ces temps de décroissance tendance, qu’est que ça change ? Ce ne sont pas les fashionistas qui foutent la planète en l’air. Ça se saurait. Commençons plutôt par laisser nos voitures au garage (les vendre?), par trier nos déchets, par ne pas saloper notre environnement bêtement, par économiser l’eau, l’énergie, le papier. Par consommer moins? Certes. Moins de fringues. Oui, si vous voulez. Mais permettez moi de penser que c’est un peu accessoire. Surtout, quand en parallèle, l’industrie textile doit s’occuper de vêtir six milliards d’individus…

Et pourtant, je ne plaide pas ici pour ma paroisse.

Concernant les vêtements, je me range en effet plutôt du côté des fourmis de la fringue. Je garde, j’entasse, je mets de côté. J’attends la prochaine vague qui me replacera tout ça en équilibre.

Et puis un vêtement représente toujours une histoire, un moment, un souvenir. Autant le préserver. En prendre soin.

Et je suis radin aussi. Un vêtement qui m’a coûté mon poids en combustible fossile, je ne le bazarde pas au bout d’un an. Ni de deux.

Alors bonne ou mauvaise idée, de tout garder?

Et vous, vous êtes plutôt du genre à renouveler la totalité de votre dressing tous les six mois ? Ou vous êtes comme moi une adepte de la théorie de l’empilement?

  • Robe : Capucine Puerari
  • Blouson en cuir : Redskins
  • Foulards : H&M et Freepstar
  • Bracelets : Anoushka
  • Chaussures : Zara

  • Robe : Jérôme L’Huillier
  • Veste militaire : fripes
  • Foulards : H&M et Freepstar
  • Chaussures : Jonak

  • Robe : Comme des Garçons
  • Blouson en jean : Levi’s
  • Foulard : H&M
  • Ceinture : Vanessa Bruno
  • Chaussures : H&M
Publicités
24
Avr
08

Back to the eighties

Suite à un post récent chez Frieda, je me suis rappelée que j’avais moi aussi, à une certaine époque, été une groupie (plutôt qu’une fan d’ailleurs).

J’ai donc retrouvé un tee-shirt de cette période (fin des 80’s, début des 90’s) et vous ai fait la version d’alors (telle que je l’ai réellement portée). Tout est d’époque, à l’exception du jean, un peu plus récent.

Et puis j’ai essayé une version un peu plus actuelle, toujours avec ce fameux tee shirt des Jam*.

Alors, vous préférez laquelle?

Version 1988

  • Tee Shirt : vintage
  • Veste : APC
  • Jean : Levi’s
  • Foulard : vintage
  • Ceinture : Agnès b
  • Chaussures : Doc Martens

Version 2008

  • Gilet en skaï : Toi du Monde
  • Pantalon : Vanessa Bruno
  • Chaussures : H&M
The Jam : Premier groupe de Paul Weller, qui forma par la suite « The Style Council ». Aujourd’hui Paul Weller fait une carrière en solo.
22
Avr
08

Le 22 avril, je vous dis merci

Aujourd’hui, et en toute modestie, j’ai envie qu’on m’offre des fleurs,

ou des fruits,

de partir en croisière,

ou juste d’aller voir la mer.

J’ai envie de prendre le train,

d’ouvrir ma porte et me retrouver à Rome.

J’ai envie de déguisements,

et de soleil derrière les nuages.

J’ai envie de m’élever un peu,

pour mieux voir ce feu d’artifices.

J’ai envie d’une nouvelle coupe de cheveux,

et de nouveaux vêtements.

J’ai envie qu’on me fasse des grimaces,

et d’être avec ceux que j’aime, même s’ils sont loin.

Mais surtout, j’avais très envie de boire un coup à votre santé.

Car si effectivement c’est aujourd’hui mon anniversaire, je voulais toutes vous remercier de venir chaque jour un peu plus nombreuses, de vos commentaires, de vos encouragements et tout simplement d’être là.

MERCI

19
Avr
08

Zara ça vient

Ça fait un petit moment que je voulais ces chaussures (celles du bas, talons bois).
Ça a commencé par cette photo dans le Vogue de ce début d’année. Puis je les ai vu chez Ithaa et Benetie, et oui décidément, j’en avais très envie.

D’un autre côté, il m’arrive souvent de penser à ce que je voudrais et tout aussi souvent d’oublier. Comme dans la chanson.

J’ai été une vraie fashionista, n’hésitant pas à dépenser un mois de salaire dans une virée shopping de quelques heures. C’était comme ça, il fallait que je « remplisse » ma libido fashion. Malheureusement, le soulagement qu’impliquait la dépense de sommes folles dans de la chiffonnade n’était que de courte durée. Le plaisir, pour être complet, devait être constamment renouvelé.

Puis j’ai grandi, chose que je me refusais à envisager. Peut-être même que j’ai vieilli, là aussi à l’insu de mon plein gré. J’ai évolué.
J’aime toujours autant la mode mais je ne suis plus addicted. Je ne me déguise plus (rien de péjoratif là dedans), ou bien très rarement. Le déguisement est un jeu et ce dernier est l’apanage des enfants. Mais voilà, le temps qui passe tue les enfants.

Du coup, le shopping, j’aime moins. J’ai toutes les boutiques les plus désirables en bas de chez moi, mais je préfère le calme d’internet, le plaisir de recevoir le colis chez moi après la commande. Cadeau fait à moi même.

Je digresse, forcément.
Je reviens donc à ces fameuses, vendues chez Gap, qu’il me fallait, oui, mais pas à n’importe quel prix. Du coup, j’ai laissé filer le temps.

Mercredi dernier, j’ai eu une opportunité. En sortant d’un rendez-vous professionnel, je me suis aperçue que j’étais tout près de cette partie de la rue de Rivoli où sont installés H&M, Zara, Gap et bien d’autres encore. J’avais du temps devant moi. Je pouvais donc musarder tranquille.

Pfffff… Comment j’avais fait pour oublier. Oublier qu’on était mercredi après midi. Et que le mercredi après midi, rue de Rivoli, on ne musarde pas. On crie, on hurle, on compare sa nouvelle coupe de cheveux (crête de poulet sur le dessus et queue de mulet sur l’arrière ou l’inverse), on se bouscule, on tient les vitrines dès fois qu’elles s’écroulent (c’est traître une vitrine, le mercredi après midi), on fait tomber la moitié du contenu d’un portant par terre, on rigole bien et on s’essuie les baskets avec (ça n’avait qu’à pas tomber).

Résultat, je pense que c’est bien la première fois que je sors de chez les suédois sans un sac blanc logoté rouge à mon poignet. Non, même pas une paire de chaussettes à mettre dans mes futures chaussures, rien, que dalle, nada, nothing. L’exploit, en somme.

Je sors du magasin avec la sensation d’avoir échappé de peu à la noyade, à l’asphyxie, à l’inhumation vivante. Phobie de la foule, du bruit. Je prends une goulée d’oxygène, je me dirige vers Gap, c’est sur ma route pour rentrer de toutes façons.

Là c’est beaucoup plus calme. J’avise le contenu des rayons et des portants. Pas de fluo et donc pas de kids assortis. Soulagement.
Je file à l’étage et j’aperçois enfin MON Graal. OK, on frise le blasphème, mais quand même elles sont là.

Très vite pourtant, je sus que c’était raté. Très peu de paires. A vue d’yeux (je ne regarde pas encore avec mon nez), je m’aperçois qu’il n’y a pas ma taille. Mais je peux me tromper. Je soulève toutes les paires, vérifie plusieurs fois, ça m’occupe un petit moment.

Je pensais qu’un vendeur arriverait à mon secours, attristé par mon manège. Mais non, il ne se passe rien.
Je reste plantée là, clone de Julien (Clerc, pas Doré). J’attends, je ne vois personne. C’est pas très beau finalement un Gap, un mercredi après-midi et même si c’est pas encore la nuit.

Personne à la caisse non plus. A un moment, je les ai vu passer. Un, puis un deuxième, l’air très affairé, les bras chargés de basiques tristes.
« Excusez-moi. S’il vous plaît. »
« Je reviens ».
« Je voulais juste savoir si toutes les tailles étaient exposées ».
« Ça dépend ».
« Pour les chaussures. »
« Ah les chaussures, elles sont toutes là, c’est tout ce qui reste ».

Je le savais, c’était forcé. Je sors. Je suis déçue.

Encore un peu plus loin et toujours sur mon chemin du retour, Zara.
Je sais pas trop pourquoi mais autant H&M me convient autant Zara c’est pas ma came. Je n’ai jamais rien acheté chez Zara. Mais là, je suis énervée. J’ai beaucoup donné de ma personne, et je suis bredouille.

Non, je ne chercherais pas un autre Gap pour les avoir, mes chaussures. Même sur le site, elles sont en passe d’être sold-out. C’est un signe, c’est comme ça, c’est trop tard.

Zara ou rien.
L’ambiance est plus calme que dans le nord de l’Europe, c’est paradoxal. Je file à toute vitesse, entre les rayons, les yeux fixés au ras du sol, où sont exposées les chaussures. Je veux des chaussures. Avec des hauts talons en bois. N’importe lesquelles. J’avise plusieurs modèles. J’essaie. Rien ne me satisfait. J’en ai marre. J’ai mal aux pieds, c’est pas l’idéal pour essayer des chaussures.

Puis je les vois. OK. C’est bon, c’est ça. La couleur, mouais bof.

« Vous l’avez dans d’autres coloris?  »
« Malheureusement non. »

Tant pis. Y a ma taille. C’est déjà bien. J’essaie, à même la chaussette. Elles sont jolies au pied. La couleur est gaie, après tout. Elles sont pourtant un peu bizarres. J’ai l’impression de plonger vers l’avant quand je marche. Elles ont l’air biseautées. Comme les cartes. Tant pis encore. Je m’en fous. Faut que je m’extirpe de là. Et pas sans rien tant qu’à faire.

Je paie. Je m’en vais. Je suis soulagée.

Version jean basique

  • Tee Shirt : American Vintage
  • Jean : Diesel
  • Trench en daim : Kookaï

Version freaks 50’s

  • Chemisier : H&M
  • Jupe en soie : Unité – La Redoute
  • Ceinture : vintage
  • Chaussettes : Timberland

Et comme sur les blogs, cette semaine était celle du tie and dye :

Version j’ai pas pu résister

  • Robe : Jean Colonna
  • Tee shirt : American Vintage
  • Sac : Antik Batik

16
Avr
08

The Miki way

A l’occasion d’une de mes nombreuses nuits d’insomnie, mon œil désespérément vide a été attiré par ça.

Et ça aussi.

J’ai en effet beaucoup de mal à m’endormir et donc pour retarder le moment où je sais que je ne trouverais pas le sommeil, je m’occupe.

Comme je peux.

Dans ces moments là, la zapette, la pile de magazines et les kinder maxi sont mes alliés.

Je peux m’enquiller trois films à la suite dans la nuit (au réveil, ça donne un joli regard de panda éberlué) ou dépiauter par ordre alphabétique la tonne de revues prélevée chaque semaine chez le kiosquier.

C’est vrai que je feuillette plus que je ne lis (enfin ça dépend de ce que j’ai entre les mains) et qu’il est rare que mon index arrête son mouvement de va et vient perpétuel entre deux pages.

De temps à autre il arrive toutefois que mon œil exercé par la répétition quotidienne de ce manège se fixe, le temps que ma pupille soudain dilatée renvoie l’information à mon cerveau.

C’est donc ce qui s’est passé l’autre nuit avec les photos ci-dessus. J’aimais bien, vraiment bien. Et pour une fois que le vêtement était mis davantage en valeur que les vaines élucubrations d’un photographe surestimé, je ne me suis pas privée pour me rincer les mirettes (si ça pouvait m’éclaircir le regard de panda du lendemain matin, c’était toujours bon à prendre), et accessoirement chercher le nom du créateur de ces jolies choses blanches.

Miki Mialy.

En dehors de la consonance du prénom m’évoquant irrésistiblement le nom d’une barre chocolatée ayant fait les joies de mon enfance (aujourd’hui j’ai viré Kinder), je me souvenais vaguement avoir déjà croisé ses créations quelque part.

J’ai donc voulu en savoir un peu plus, et si je tente de vous faire partager ici mon enthousiasme, ce plus m’a bien plu.

Effectivement je scotche un peu sur le blanc en ce moment, certainement parce que je sais que je ne pourrais pas en porter prochainement (non, je ne parlerai pas météo et le temps qu’il fait on s’en fout).

Mais voilà, du coup, les jolies blousettes m’attirent, les jupettes me font de l’oeil, les robettes me font envie et parce que des photos valent mieux qu’un long discours, voilà de quoi je souhaitais vous parler.

Alors, ça vous chuchote aussi des douceurs à l’oreille, ou non, décidément c’est pire que du cinéma muet?

Photos : Fred Meylan – Gérard Giaume – Patricia Hendrychova Estanguet

13
Avr
08

Fade to white

Il y a quelques temps de ça, j’avais passé une commande sur la vente Isabel Marant chez vente-privee.com.

Et il y a quelques temps de ça aussi (mais après, dans le temps), j’ai reçu le colis correspondant à ma commande.

J’ouvre une petite parenthèse pour connaître votre comportement quand vous recevez un colis de fringues achetés sur internet :
– vous vous ruez dessus en déchirant le carton quitte à vous péter la manucure et les ongles qu’il y a en dessous, tellement vous êtes impatiente?
– ou comme moi, vous faîtes durer le plaisir et vous n’ouvrez votre paquet que plus tard, parfois bien plus tard, pour reculer le moment de la surprise. Une fois ouvert, ce fameux colis a perdu tout son mystère et donc, un peu, son intérêt.

Je ferme la parenthèse.

C’est en finissant par ouvrir ledit paquet que j’ai été effleuré par une première petite contrariété. C’était blanc, vachement blanc. Mais c’était idiot de le relever dans la mesure où c’était très exactement ce que j’avais commandé, donc…
Mais quand même. C’était blanc. Très blanc.

C’est en sortant le pantalon dudit colis que je sus qu’un doute ne tarderait pas à m’envahir. C’était sûr. On pouvait en mettre plusieurs comme moi à l’intérieur. Mais c’était aussi la taille que j’avais commandé (normalement c’est la mienne), donc…
Mais quand même. C’était grand. Très grand.

Enfin, c’est en déballant le petit top soyeux que je crus percevoir un instant l’ombre d’une hésitation dans mon geste. C’était charmant mais brillant. Conforme à la photo du site en somme.
Mais quand même, c’était brillant. Très brillant.

En commençant l’essayage, une triste pensée m’assaillit. C’est pas encore après demain que je pourrais l’étrenner à l’extérieur cette tenue. En plus des infimes petits défauts relevés, il allait falloir attendre la Saint Augustin* pour parader avec.

Là je préfère illico m’auto freiner dans mon élan, la blogo (moi inclus) étant en train de virer en succursale de Météo France.

Bref, le temps qu’il fait on s’en fout.

Donc, j’avais vu juste, c’était blanc, grand, brillant. Mais c’est pas ça qui allait me décourager. Allez un peu de remue-méninges dans le cerveau, un peu de fouinage dans le dressing, et c’était tout de suite un peu moins blanc, toujours grand et brillant, mais portable.

Version tombée du carton

  • Caraco en soie : Isabel Marant
  • Pantalon : Isabel Marant
  • Chaussures : vintage

Version gilet (a)doré

  • Gilet en soie et coton : Entracte

Version gilet en jean et drap coloré

  • Gilet en jean : Wrangler
  • Etole en soie : souvenir de Thaïlande

Version veste en jean et nappe jacquard

  • Veste en jean : Levi’s
  • Etole : souvenir de Turquie
  • Chaussures : Jonak

Version Tie and Dye cramoisi

  • Veste en velours : Kensigton Market (Londres)

Une préférence ou non c’est décidément trop blanc, trop grand, trop brillant?

* le 28 août
10
Avr
08

En jaune et noir

Je me suis aperçue que certaines d’entre vous présentaient des tenues sur leurs blogs qu’elles n’oseraient pas, selon leurs dires, porter dans la vie réelle.

Un blog, c’est bien connu, ce n’est pas la réalité. On y fait ce qu’on veut, c’est notre espace à nous de liberté, on y fait des expériences, on y tente de nouvelles choses, on tâtonne parfois…

Aujourd’hui, après avoir vu sur certains blogs la polémique concernant le port des chaussettes dans des chaussures ouvertes, j’ai voulu tester la chose dans la vie réelle.

Personnellement, je n’avais pas une opinion très tranchée sur le sujet. Sur certaines photos, je trouvais ça très joli, sur d’autres un peu moins, alors j’ai voulu tester in situ. Dans la rue donc, plus précisément. Et pour corser un peu le tout, j’ai choisi des chaussettes… jaunes. Vraiment jaunes.

Première difficulté en sortant de chez moi, mon reflet dans le gigantesque miroir du hall de l’immeuble. Là très sincèrement, j’ai traversé un long moment de solitude à l’issue duquel un réflexe très pavlovien m’a fait tourner les talons en direction de l’ascenseur.

D’un autre côté, je m’étais investie toute seule d’une mission de la plus haute importance, et il n’était pas question de renoncer. Pfffffff, ce ne sera donc pas un tout petit reflet ridicule dans un miroir, si ça se trouve c’est même pas moi en face, qui me fera rebrousser chemin.

Deuxième obstacle, je croise la gardienne de l’immeuble devant la porte cochère.

Moi : « Bonjour, Madame C…, fait pas chaud aujourd’hui hein? »

Elle, le regard vissé sur mes pieds et la moitié de la lèvre inférieure avalée pour ne pas pouffer : « Ahhhaaa fousafé remarqué ooohhhh o o o ssi hi hi hi? »

Non, elle n’est pas portugaise, elle était juste en train de mastiquer sa langue pour éviter de s’étouffer de rire. En même temps, comme elle est très moqueuse de caractère, je ne me suis pas offusquée.

Mais bon, c’était pas gagné quand même. A peine un orteil (très jaune l’orteil) posé sur le trottoir, je remarque le regard de la première personne que je croise. Une jeune femme avec une poussette qui n’a plus pu détourner les yeux de mes chaussettes. Eblouie qu’elle était. Je me suis alors surprise à compatir avec elle …

La deuxième personne, après m’avoir détaillée de haut en bas, a fini elle aussi par échouer son regard sur mes pieds avec insistance.

Qu’est ce que je fais? J’appuie sur la touche rewind et je rembobine?

Non, je ne céderais pas. Je me suis dit alors que le mieux était d’arborer un sourire discret et béat. Si au moins on me trouvait ridicule, on pouvait aussi se dire qu’après tout j’étais sûrement gentille et peut-être pas responsable.

J’ai donc fini par me détendre, mon sourire aux lèvres, en connivence totale avec ceux qui auraient bien voulu se moquer.

Au final, pas de railleries à proprement parler. Beaucoup de regards insistants, principalement de femmes. Les hommes, si jamais ils vous regardent, ne focalisent pas vraiment sur vos pieds. Enfin, pas ceux que j’ai croisé aujourd’hui. A l’exception d’un monsieur d’un certain âge qui s’est arrêté pour « mieux les voir », pas de fétichistes dans le quartier.

Au bout d’un moment, j’ai fini par complètement occulter le fait que je portais deux canaris morts au bout des chevilles et j’ai vaqué tranquillement à mes occupations.

Verdict : je n’aurais peut-être pas porté cette combinaison chaussettes jaunes, chaussures noires pour un rendez-vous avec des clients. Même si, comme vous le savez, le ridicule et moi, on est potes de chambrée.

En réalité, c’est bien plus la couleur des chaussettes tranchant sur le reste de la tenue entièrement noire qui a choqué. Les chaussettes auraient été de la couleur de celles d’Eddy Mitchell, personne n’aurait baissé le regard…

Et vous, vous êtes prêtes pour les chaussettes (de couleur vive) dans les sandales?

En plus il y a un effet secondaire vachement agréable : c’est très confortable !

  • Manteau : Et Vous
  • Pull : Chattawak
  • Tee Shirt : Petit Bateau
  • Slim : Cheap Monday
  • Chaussettes : Burlington
  • Chaussures : Rockport



avril 2008
L M M J V S D
« Mar   Mai »
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  

Catégories

Articles les plus consultés